Détruite en 1944, rebâtie d'un seul geste par Auguste Perret et aujourd'hui classée au patrimoine mondial. Une cité moderniste posée face à la Manche, où l'on passe en une heure des vitraux de Saint-Joseph aux galets de la plage. Voici quoi voir, où marcher, et où manger la mer.
En septembre 1944, les bombardements rasent le centre du Havre. La reconstruction est confiée à Auguste Perret, maître du béton armé, qui dessine une ville entière sur une trame de 6,24 mètres : claire, régulière, baignée de lumière. Classé par l'UNESCO en 2005, cet ensemble est l'un des rares centres-villes modernes inscrits au patrimoine mondial. Voici par où commencer.
L'Appartement témoin
181, rue de Paris
Intérieur 1950 d'origine
Un appartement reconstitué exactement comme on le livrait aux Havrais en 1950 : cuisine américaine, rangements ingénieux, mobilier d'époque. La meilleure façon de comprendre l'utopie domestique de la reconstruction, et combien elle était moderne pour son temps. Visite guidée uniquement, billet à l'office de tourisme.
L'Hôtel de Ville et sa tour
Place de l'Hôtel-de-Ville
L'une des plus grandes places d'Europe
Le cœur du plan Perret : une esplanade démesurée fermée par un bâtiment bas et une tour de dix-sept étages. Le jardin, les jets d'eau et la perspective tracée jusqu'à la mer donnent toute la mesure de la ville-jardin de béton qu'imaginait l'architecte.
L'avenue Foch et la Porte Océane
Du centre à la mer
Promenade jusqu'aux galets
Une avenue plus large que les Champs-Élysées, qui descend en ligne droite vers deux tours jumelles encadrant l'horizon : la Porte Océane. On la suit jusqu'à la plage, en lisant au passage le rythme régulier des îlots et des colonnes de béton.
Le centre reconstruit en imagesToucher pour agrandir
02Espace Oscar-Niemeyer
Le Volcan, les courbes blanches au cœur de la ville
Au milieu de la rigueur orthogonale de Perret, Oscar Niemeyer a posé deux volumes tout en rondeur : un grand et un petit cône d'un blanc éclatant, que les Havrais ont aussitôt baptisés « le Volcan ». Livré en 1982, c'est le seul ouvrage français du grand architecte brésilien, et le contraste avec le béton anguleux qui l'entoure est saisissant.
Le grand Volcan
La grande salle de spectacle, un cône blanc renversé qui jaillit de l'esplanade comme une cheminée de craie.
Le petit Volcan
Son jumeau plus modeste, devenu la bibliothèque Oscar-Niemeyer après une rénovation lumineuse.
L'esplanade en contrebas
Une place creusée sous le niveau de la rue, à l'abri du vent, ponctuée d'un personnage de Niemeyer et de jeux d'eau.
Le Bassin du Commerce
Juste à côté, le miroir d'eau du port intérieur où les courbes blanches se reflètent à la tombée du jour.
Le plus beau au crépuscule, quand le blanc vire au rose
03Église Saint-Joseph
Une tour-phare et 12 768 éclats de lumière
De l'extérieur, c'est une tour de béton nu de 107 mètres, repère visible depuis la mer comme un phare. À l'intérieur, on lève les yeux et tout bascule : la tour est creuse, tapissée de 12 768 verres colorés posés par Marguerite Huré. Selon l'heure et la météo, la lumière tombe en colonnes bleues, vertes, ambrées ou rouges sur le béton brut. Conçue par Perret en mémoire des victimes des bombardements, c'est l'un des intérieurs les plus émouvants de France.
107 m
hauteur de la tour
12 768
verres colorés
1957
année d'achèvement
À voir en milieu de matinée pour la lumière de l'est, puis en fin d'après-midi quand le couchant embrase les verres côté ouest. L'entrée est libre.
04Musée d'art moderne André-Malraux
Le MuMa, les impressionnistes face à la Manche
Posé à l'entrée du port, le MuMa est une boîte de verre et d'acier ouverte sur la mer, inaugurée par André Malraux en 1961. La lumière de la Manche y entre à flots, filtrée par un brise-soleil de béton : le bâtiment lui-même est un manifeste. À l'intérieur, l'une des premières collections impressionnistes de France, née sur cette côte même.
Eugène Boudin
Le « roi des ciels », enfant du Havre, dont les plages et les ciels normands ont ouvert la voie à toute une génération.
Claude Monet
Formé ici par Boudin ; c'est dans le port voisin qu'il peint « Impression, soleil levant », la toile qui donne son nom à l'impressionnisme.
Raoul Dufy
Autre Havrais, dont les régates et les ciels colorés tiennent une place de choix dans les salles.
La donation Senn
Pissarro, Sisley, Renoir, Degas : un ensemble qui fait du MuMa la plus riche collection impressionniste après Paris.
05Les Jardins suspendus & la plage
Du grand large vu d'en haut aux galets d'en bas
Le Havre est l'une des rares grandes villes où l'on peut admirer une baie depuis d'anciens remparts le matin et se baigner à midi. Là-haut, les Jardins suspendus ; en bas, une longue plage de galets bordée de cabanes blanches et de bars, face au ballet des porte-conteneurs.
Anciens forts du XIXe siècleSerres, collections botaniques, entrée libreVue plongeante sur la baie de Seine
Monter aux jardins
Aménagés dans le fort de Sainte-Adresse, ils déroulent serres et parterres autour d'un panorama à 180 degrés sur le port et l'estuaire.
Descendre à la plage
Une digue-promenade longe les galets jusqu'aux cabanes blanches. On y croise les baigneurs du matin et les véliplanchistes l'après-midi.
Suivre la lumière
C'est la côte qui a inspiré Monet et Boudin. Au coucher, le soleil tombe droit dans la Manche : restez pour ça.
06À table
Manger havrais : la mer, le beurre et le cidre
Ici, la cuisine vient de deux mondes qui se touchent : la mer juste en face et le bocage normand juste derrière. D'un côté la pêche du jour, les huîtres et les coquilles Saint-Jacques de la baie de Seine ; de l'autre le beurre, la crème, les pommes, le cidre et le camembert. Entre les deux, des boulangeries et des crêperies à tous les coins de rue. On mange simplement, et très bien.
Commander comme un Havrais
Une bolée de cidre brut plutôt qu'un verre de vin sur une galette.
Les huîtres et coquillages à marée basse, quand ils arrivent du quai.
La galette se plie en salé, la crêpe se garde pour le sucré.
Un trou normand, calvados glissé entre deux plats, si le repas s'étire.
Au plus près du quai
Les Halles centrales
Cours de la République
Le ventre du Havre : poissonniers, fromagers de Normandie, primeurs et un comptoir où l'on avale des huîtres au verre de muscadet. Idéal pour composer un pique-nique avant la plage.
Huîtres et coquillages au comptoir
La crêpe et la galette
Crêperies du centre
Autour de l'Hôtel de Ville
La galette de sarrasin se mange salée (complète, andouille de Vire), la crêpe de froment sucrée, le tout arrosé d'une bolée de cidre brut du pays d'Auge. La pause la plus normande qui soit.
Galette complète, bolée de cidre
La mer dans l'assiette
Les tables du port
Bassin du Commerce & quais
Plateaux de fruits de mer, marmite dieppoise, sole meunière : la pêche débarque à quelques rues. On déjeune face aux mâts, longuement, comme il se doit.
Plateau de fruits de mer
Le goût sucré
Boulangeries & pâtisseries
Quartiers Perret & Saint-François
Le matin commence par une vraie boulangerie : baguette de tradition, chausson aux pommes, et la spécialité locale, le « petit Havrais » au caramel. Une halte à ne pas sauter avant la visite.
Viennoiseries & douceurs locales
07Composer sa journée
Construisez votre journée au Havre
Touchez les moments qui vous tentent : ils se rangent dans votre journée, à peu près du matin au soir. Votre liste reste enregistrée sur cet appareil, vous la retrouverez à votre retour.
Choisir ses moments
Votre journée au Havre
Rien de choisi pour l'instant. Sélectionnez quelques moments et ils s'aligneront ici pour composer votre journée.